Carnets de Voyages

Michèle et René sur les VV d'Europe

  • Michèle et René à Prague
  • Le parcours à travers l'Europe
Nos amis René et Michèle Wolf sont partis pour un grand voyage à vélo à travers la France, l’Allemagne, la Tchéquie, l’Autriche, la Suisse.
Ils vont emprunter:
  • la via Carolina, voie pan européenne reliant Paris à Prague. Ils emprunterons ensuite 
  • la Greenway reliant Prague à Vienne avant de revenir par 
  • l’Eurovélo N°6 jusqu’à Chalons/Saone puis la 
  • Via Rhona jusqu’à Arles et 
  • le canal du midi.
Au bilan plus de 4000 km sur des voies vertes ou véloroutes en Europe Centrale et en France.....
Bravo à eux

Correspondances:
  • 1 juin  2017: nous sommes â Saverne et nous resterons une journée,  donc mercredi nous entrerons en Allemagne . Les paysages sont magnifiques. Nous roulons tantôt sur de magnifiques postes cyclables le lond des canaux, tantôt sur de petites départementales bien tranquilles ou carrément sur des chemins herbeux... amicalement michele René

  • 2 juin : Hier mon message était un peu court mais pour cause d'absence de camping nous avons fait une super longue étape ( 95 km ) , enfin super longue pour moi et de ce fait j'était claquée  .
    Si tu veux avoir notre parcours en totalité tu pourrais aller sur le site de la via Carolina : c'est la route qui nous emmène à Prague . Puis nous attrapperons la GreenWay Prague Vienne, pour revenir en France par l'Eurovelo6 jusqu â Chalons sur Saône puis nous descendrons le long du Rhône pour rattraper le canal du midi. Voilà en théorie ce que nous devons faire ............... je te joins quelques photos prises aujourd hui. Nous avons la chance d'avoir un temps magnifique. Et les paysages sont magnifiques.     Bisous.  Michelle 

  • 15 juin: 1530 km après et nous voici à Prague !   La Tchéquie nous a réservé la surprise de ne pas être plate !!!   Deux jours de repos et nous réenfourchons nos montures pour Vienne !! Bisous amicalement  Michelle et René

  • 19 juin: Nous avons quitté Prague depuis quatre jours. Ville absolument magnifique . Nous angoissions un peu pour quitter la ville.  Les grandes villes c est vraiment notre bête noire . Mais finalement la greenway est bien balisée et cela s est fait sans trop de problème . En Tchéquie contrairement à l Allemagne, il n existe presque pas de piste cyclable mais la véloroute nous fait emprunter des routes très peu fréquentées. René me dit de te préciser que nous faisons en moyenne 900 m de dénivelé . Je ne sais pas trop ce que cela veut dire mais par contre je sais que nous avons de sacrées côtes. Nous entrerons en Autriche probablement demain...........
    Amicalement 
 
  • 3 juillet: 3002 km !!!!!   Pour  fêter cela je vous donne quelques nouvelles .  Prague, Vienne sont bien loin derrière nous. Aujourd'hui nous avons quitté le Danube ( qui etait devenu pas plus grand que l'hers ) pour aller à la rencontre du Rhin. Ces derniers jours n'ont pas été faciles : pluie et il nous fallait lutter contre un méchant vent de face.  Mais ça y est, la meteo est en train de changer. Sur les hauteurs, nous commençons à voir le lac de Constance. A vu de nez nous serons en France jeudi. Les paysages sont magnifiques ! Amicalement Michelle et René

  • 5 juillet: Nous sommes en ce moment en suisse,à Jestetten. Nous passerons la frontière française jeudi Et après Chalons sur Saône Nous espérons atteindre notre but vers le 27 juillet. Salutations à tout le monde.
 
  • 9 juillet: Nous serons demain, à Chalons sur Saône. Pour débuter la Via Rhona. Encore 700 kilomètres environ à faire. Bonjour à tous. À bientôt Rene

  • 16 juillet: 4090 km. Notre aventure touche à sa fin. Demain nous rejoindrons le canal du Midi et nous serons chez nous probablement mercredi la tête pleine de magnifiques paysages et de souvenirs       

  • 19 juillet retour à la maison après 4300 km 
  • Amicalement Michelle

Jean Marie Zimmermann en Amérique latine

Un ami d'Yvon Blazy, qui a fait Paris Pékin avec lui, est en voyage itinérant à vélo en Amérique latine: Amazonie, Pérou, Bolivie.....


Vous pouvez vivre son voyage grâce à ses récits magnifiques.


8 juin 2017 l'Amazone: Belle et longue remontée de l'Amazone ou le temps mesuré ne compte pas, à bord de 3 vieux rafiots... Ambiance garantie et plusieurs moments magiques. 
Pour mon anniversaire un bon gâteau au chocolat... et le soir lors d'une escale dans le petit village de Amatura, niché dans la foret amazonienne et introuvable sur une carte, une église et l'Ave Maria qui s'élève dans le ciel etoile... Magique.
Je vous embrasse
Jean Marie

9 juin 2017: Manaus (indiens Manaos, premiers habitants de la region) appelle irremediablement des images d'exotisme, d'un fleuve Amazone puissant et sauvage, des forêts profondes d'ou émergent des airs d'opera... 

Grande ville de 2 millions d'habitants, moderne et active, ce n'est plus la cite un peu magique a l'exubérante végetation dans la moiteur équatoriale. Et fini la fortune et la gloire du temps de l'or mou, le latex, petite gomme blanche et élastique, connue depuis longtemps des Indiens.

Lorsqu'en 1837 Goodyear découvre la vulcanisation, la Seringueira, comme l'appellent les Bresiliens, attire la convoitise, puis l'invention du pneu par Dunlop 50 ans plus tard, en 1887, decuple la demande. 
Un Rubber Boom où les fortunes colossales s'édifièrent pendant que ceux qui travaillaient dans la foret tombaient comme des mouches, victimes de la malaria, des parasitoses et des éprouvantes conditions climatiques. 
En 1910 le niveau équivalent de production anglaise du latex en Malaisie fait chuter les cours mondiaux... Et aujourd'hui le Sud-Est Asiatique produit 95% de la demande mondiale, Manaus aujourd'hui est un pole industriel au charme nostalgique de quelques places, notamment la Praca de San Sebastiao, pavée de galets portugais et veillée par le fastueux opera, le Teatro Amazonas (cette semaine 3 representations de Tannhauser, suivront Vivaldi, Honegger, Donizetti...) Manaus se trouve en fait sur le Rio Negro, aux eaux noires, fleuve de 2300 km prenant sa source en Colombie et se jetant dans le Rio Solimoes, brun-jaune et limoneux, 8 km en aval de la ville, formant ainsi l'Amazone. Refusant de fusionner (difference de flux, de temperature et de densité), les 2 rivieres coulent cote a cote sur 15 km, s'ignorant superbement !

La vie est belle Jean Marie


6 juillet 2017 el Condor pasa:  Cusco (ou Cuzco), à 3.400 m d'altitude, dans une vallée cernée de montagnes ocre et brunes, reste une étape mythique. Au sein de l'Empire Inca elle avait déjá un rôle pivot, "Qusqu" signifiant nombril en quechua. Domination inca durant un siécle, de 1438 á 1532, apport surtout dans l'agriculture et l'architechture... Un joyau de ville coloniale bâtie par les Espagnols sur les vestiges de bâtiments incas... inscrite au Patrimoine Mondial de l'Unesco.


Par la Vallée Sacrée, entre Pisac (site archéologique) et Ollantaytambo (imposante forteresse), petites villes au schéma inca encore intact, on accéde au site précolombien du Machu Picchu perché á 2.430 m (capitale religieuse ou lieu de culte consacré au Soleil ?), site découvert en 1911... une splendeur où vivaient 1.200 personnes (systéme de terrasses et canalisations, garnisons, divers corps de métiers, greniers, cultures, aqueduc...). Vraiment un beau site...

Entre-temps une belle grimpée de l'Abra Malaga, á 4.341 m..., avec de trés nombreux et beaux lacets...

Quelques sites impressionnent aux alentours comme le Sanctuaire de Sacsayhuanan qui domine Cusco, les Salineras, un ensemble de 3.800 bassins de sel cristallisé d'une blancheur étincelante, le systéme de terrasses en amphithéatre de Moray...

Cusco, une ville oú on prolonge son séjour avec plaisir...

Et en juin, c'est la fête, ou plutôt une succession de fêtes (danses et défilés quotidiens de diverses corporations, écoles..., processions religieuses... toujours au rythme de la musique, toujours en costumes traditionnels trés divers...). Une féerie de couleurs et de musiques... Et quelques fêtes importantes : Qoyllur Rity rend hommage aux apus, dieux des montagnes (pélerinage menant au glacier de Sinacara d'oà on rapporte á Cusco des morceaux de glace). Corpus Christi, la Fête-Dieu, regroupe les paroisses dans une longue procession haute en couleurs. Et le 24 Juin, Inti Raymi, la fête du Soleil, l'une des fêtes les plus importantes du Nouveau Monde... Impressionnant et grandiose.

Cusco, vraiment une ville où on aime séjourner...

A 40 km au Sud-Est de Cusco il y a un charmant village aux ruelles pavées, Andahuaylillas, connu pour son église jésuite du XVIIéme siécle, San Pedro Apostol, surnommée la "Chapelle Sixtine des Amériques" (facade Renaissance surmontée par un balcon, somptueux plafond polychrome, maître-autel baroque doré décoré de miroirs, grandes toiles, fresques de la nef, deux orgues peints, tabernacle en argent...)

Et plus loin, une splendeur naturelle... aprés le village de Pitumarca, á 110 km de Cusco, vers le Massif de Ausangate... la Rainbow Mountain, la Montagne aux 7 couleurs, et surtout la Vallée Rouge en prolongement (aprés 6 ou 7 km de marche á plus de 5.000 m on descend par la vallée suivante durant 11 km, 3 fermes isolées, un rio, des quantités de lamas et alpagas...). Une beauté pure dans le silence des montagnes. Bon, c'est quand même une randonnée sérieuse en altitude...

De Sicuani à Chivay, á l'orée du Canyon del Colca, on plonge dans la campagne profonde péruvienne... Et aprés Espinar (Yauri) on progresse dans un décor de rêves, un décor de western... Manquent plus qu'une musique d'Ennio Morricone et l'apparition de Charles Bronson et Clint Eastwood... Dans un long canyon, en suivant les méandres du Rio Apurimac, affluent de l'Ucayali qui, en se joignant au Rio Maranon, forme... l'Amazone... La source donc, vers le Volcan Mismi, á 5.597 m...

Il fait froid matin et soir, et les nuits sont même trés froides... nous sommes toujours entre 4.200 et 4.500 m... Poussiére et vent garantis dans ce décor de pierres et de falaises cisellées... La vie semble arrêtée... Moins de 10 véhicules/jour, quelques fermes isolées et petits villages... Suycutambo et surtout Caylloma semblent perdus dans cette pampa désertique de haute altitude... et pourtant des troupeaux de lamas et d'alpagas, des vaches et des moutons, quelques chevaux... et des flaments roses !!!

Et il faut encore grimper 2 cols sur ces pistes pierreuses, le 2éme col est vraiment dur, l'Abra Chungera, á 4.700 m... Enfin grimper veut dire souvent pousser, les pierres projetant le vélo de droite á gauche. S'ajoutent le souffle court, les saignements de nez, la fatigue. Aussi faut-il avancer plus lentement et éviter tout effort inutile !!! Mais ce désert de pierres est fascinant... Heureux... La vie est belle...
Lorsque aprés la derniére longue descente le bitume réapparait á Sibayo, la vie reprend. Et à Chivay, á 3.650 m, c'est le commerce et l'afflux de touristes qui partent pour le Canyon del Colca. 14 villages dans la vallée, plusieurs piscines bien chaudes, notamment á Yanque, la blanche et belle église baroque de Maca, enfin l'atmosphére nonchalante de Cabanaconde oú pullulent les touristes pour parcourir les principaux sentiers de randonnée vers le fond du canyon (randonnées de 2 ou 3 jours plutôt difficiles
La Cruz del Condor est le point de vue le plus célébre du canyon. On admire surtout le ballet des collibris... et quelques condors, anneau de plumes blanches autour du cou, rémiges déployées, glissant doucement dans les airs... El condor pasa...

Pour information, la célébrissime chanson "El Condor pasa", composée en 1913 et depuis élevée au rang de Patrimoine culturel de la nation, fut présentée á Paris par le groupe Los Incas en 1960, avant d'être reprise par Marie Laforêt puis par Simon & Garfunkel en 1970 avec des paroles différentes mais sur la même mélodie...

La vie est belle

Jean Marie



7 juillet 2017 sur la route d'Arequipa:  Dès le départ de Chivay, la route grimpe, sinueuse dans cette pampa désertique de haute altitude. Toujours austère. Au loin les volcans se découpent dans un ciel bleu...
Aprés 30 km de grimpée on franchit l'Abra Patapampa, à 4.910 m d'altitude, où se dressent de nombreuses apachetas, ces amoncellements de pierres destinés aux apus, les divinités de la montagne. Lente montée dans le vent et le froid, même si la pente n'est pas trop sévére (1.300 m de dénivellé sur 25 km, puis faux-plat). Léger vertige, on est vraiment trés haut (á nouveau au-dessus du Mont-Blanc !).

Au sommet, et dans le vent, des femmes, certaines trés agées, vendent marchandises et autres souvenirs... Dure vie...

Au loin veille le Volcan Sanbancaya, 5.976 m, qui entra en éruption en 1995 et qui provoqua la fonte des glaces du Volcan Ampato, 6.310 m, oú se cachait la momie Juanita, l'émouvante "princesse des glaces", 14 ans, que l'on voit aujourdh'hui au Museo Santuarios Andinos d'Arequipa.

Plus loin un autre volcan fume... les autres restent endormis !

Troupeaux de lamas, alpagas et vigognes, quelques villages vivant du tourisme de passage et soudain... à un bourg-carrefour, une ligne de chemin de fer qui serpentera jusqu'á Arequipa, parfois le long de la route.

Longeant la Reserva Nacional de Salinas y Aguada Blanca, sur une belle route sinueuse et en légére descente, soudain, á 25 km d'Arequipa, le rêve s'achéve. Dans ce somptueux paysage désertique... une verrue, l'immense complexe industriel de Yura avec, tout proche, de petites maisons disparates, construites en toutes sortes de matériaux. Une vie précaire, la survie, souvent l'exploitation...

Plus loin, aux abords d'Arequipa, les premiers quartiers construits sans plan d'urbanistion, puis, peu à peu, la vue s'embellit avec notamment une pollution de panneaux et enseignespublicitaires qui apportent cependant de la couleurá ces immeubles sans facades peintes...

Parfois il faut vraiment se battre au milieu d'un trafic de plus en plus dense, mais quelle joie lorsqu'on découvre les pavés du centre ville historique et qu'on distingue la belle Plaza de Armas, avec sa couronne d'arcades à un étage et sa cathédrale. Et derriére cette cathédrale émerge le Volcan Chachani, 6.075 m... Un autre sommet, une montagne sacrée, le Volcan Misti, 5.825 m, projette sa forme pyramidale sur la ville...

Arequipa, grande ville attachante, animée jour et nuit, moderne et historique, dynamique tant sur un plan économique que culturel. Un superbe centre historique classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco oú abondent églises et monastéres aux décors baroques exubérants, bâties en roche volcanique, ce sillar clair qui vaut à la ville le surnom de "ville blanche". Arequipa, á 2.335 m d'altitude, une ville agréable à vivre, baignée par plus de 300 jours de soleil annuels.

La vie est belle

Jean Marie


29 juillet 2017 le Lac Titicaca

Bonjour à tous,

D´Arequipa, 2.335 m d´altitude, pour rejoindre le Lac Titicaca, il faut d´abord longtemps grimper et passer un col à 4.600 m (magnifiques paysages de montagnes souvent pelées) avant de rejoindre la ville sans charme de Juliaca. Plus loin, les villes de Puno, très animée le soir, et de Juli, bourgade présentant cependant 4 églises (nommées ici templos !), sont également sans grand charme.

Plus haut lac navigable du monde, le Lac Titicaca ("rocher du puma" en langue aymara, en référence à un rocher de l´Isla del Sol) est le vestige d´une immense lagune portée en altitude par l´émergence des Andes. Situé à 3.810 m d´altitude il est partagé à 55% par le Pérou et 45% par la Bolivie (maximum 200 km de long, 8.400 km2, profondeur maximum de 275 m). D´une luminosité exceptionnelle, ses eaux froides se parent d´un bleu profond, réfléchissant le ciel de l´Altiplano. Et les montagnes environnantes, pourtant à 20 ou 30 km, semblent proches.
La mythologie inca y situe l´origine de la civilisation.

Quelques îles au Pérou :
- les îles de Taquille (nombreux touristes) et d´Amantani (plus belle, plus sauvage), au large de la presqu´île de Capa Chica, bande de terre qui permet de longer le lac longuement (seul bémol, la sortie de Juliaca qui présente des 2 cotés de la route, pendant 6 à 8 km, une bande de 5 m de déchets que parcourent notamment chiens, moutons et même vaches !!!)...
- plus loin, l´île privée de Suasi
- les îles flottantes d´Uros (actuellement 63 îles constituées d´une couche compacte de roseaux de 3 m d´épaisseur, durée de vie de 50 ans), amarrées récemment non loin de Puno, pour s´ouvrir au tourisme de masse (auparavant plutôt côté bolivien)

Quelques îles en Bolivie :
- l´Isla del Sol (pelée et sculptée par les cultures en terrasses, avec chemin pierreux de 7 km traversant l´île de part en part) et l´Isla de la Luna, petite île, toutes deux à quelques encablures de Copacabana, petite ville très animée (et beaucoup de touristes !!!) où on vénère Notre-Dame de Copacabana, sainte patrone de la Bolivie (grande basilique blanche)


A Copacabana, surtout le Dimanche, un surréaliste baptème de voitures... Lors des fêtes, et notamment le 5 Août, ce sont des milliers de véhicules, décorés de banderilles, guirlandes en papier crépon et chapeaux... qui attendent le passage du curé, des séminarites et de leur seau d´eau bénite ! Surréaliste !!!

La vie est belle

Jean Marie

30 juillet 2017 les beaux villages des Andes Boliviennes

Bonjour à tous,

Au pied de l´imposant Illampu, 6.362 m, aux flancs majestueusement enneigés, posée à 2.700 m d´altitude, Sorata et sa vallée. "Un des plus beaux villages des Andes boliviennes". Village malheureusement mais à juste titre délaissé par les touristes, excepté les randonneurs à pied, à vélo ou à cheval, car les ruelles sont souvent défoncées et peu de maisons sont restaurées. La vie s´y écoule à un rythme ralenti, également le week-end lorsque les habitants de La Paz viennent y goûter le climat et refaire le plein d´oxigène...

Beaucoup d´émotion cependant dans ces paysages d´une diversité incroyable.

Après avoir quitté les rives du Lac Titicaca et rejoint Achacachi, petite ville aux rues défoncées, la route s´élève lentement dans un environnement de montagnes quasi pelées que parcourent de nombreux troupeaux de moutons, quelques vaches et des chevaux.

Presqu´au sommet, à la sortie d´un virage, le Mont Illampu... Majestueusement blanc sur fond de ciel azur... Vraiment beau, une beauté époustouflante.

Et passé le col à 4.200 m s´ouvre la vallée de Sorata... et 30 km de descente, sur une belle route, d´abord asphaltée, puis, dans sa seconde partie, un chapelet de portions de terre, parfois très cahoteuses (glissements de terrain, failles géologiques, non entretien de la route...).

Soudain, à l´entrée d´un virage, même si la route est assez large, panique à bord... Un cable de frein vient de casser... S´en suivent 40 minutes de plaisir, à serrer le frein restant, à serrer les dents, les fesses, enfin tout ce qu´on peut serrer... Et évidemment un ralentisseur non signalé provoque presque une belle gamelle. Belle frayeur. Rien de casser, ni la monture, ni le bonhomme. Vraiment une très belle frayeur... Rock & Roll Biking en Bolivie.

La vie est belle

Jean Marie

1 Aout 2017 La Paz

Bonjour à tous,

La Paz, environ 2,5 millions d´habitants dont la moitié dans la banlieue de El Alto. 

La Paz, la Paix des cimes des Andes, capitale la plus haute du monde, étagée de 3.200 à 4.000 m dans un immense canyon aride, entourée d´une centaine de pics de plus de 5.000 m et dominée par le majestueux Mont Illimani, 6.439 m.

Si La Paz est la capitale administrative et le siège du gouvernement, Sucre en est la capitale administrative du pays. Entre les deux villes se dessinent quelques tensions à ce sujet.
Etonnante ville, qui monte, qui descend, qui monte encore... Une ville "inversée" où les riches résident tout en bas et les pauvres s´obligent à grimper !

- un centre historique situé sur 2 collines, à l´Ouest le très vieux quartier indien axé sur la très touristique Calle Sagarnaga (avec une sacrée pente !) et à l´Est, le petit quartier colonial (autour du Parlement)...

- le quartier Sopocachi, résidentiel et commercial

- les quartiers riches de la Zone Sud, au climat plus clément où jallissent tours, centres commerciaux et zones résidentielles

- et à l´opposé, la banlieue de El Alto, battue par les vents glacials, 800 m plus haut.

Etrange ville où, égarées au pied de buildings disgracieux, de vieilles bâtisses coloniales aux facades défraichies cachent parfois de superbes patios à arcades blasonnés.

Egalement un chaos urbain, bariolé et bruyant, une circulation infernale !!! Et la ville pratique à priori la circulation internée (véhicules dont l´immatriculation se termine par 1 et 2 autorisés à circuler le lundi. ceux se terminant par 3 et 4 le mardi..., les samedi et dimanche tout le monde circule !!!). Plus des microbuses colorés et des minibuses, plus petits et plus rapides, aux directions affichées sur le pare-brise et annoncées à la criée, des taxis "trufis" avec des banderilles arborées à l´avant du capot, aux itinéraires préétablis, et des taxis ordinaires... et des téléphériques qui offrent des vues spectaculaires sur la ville (et notamment sur l´immense marché de El Alto le dimanche).
La ville est particulièrement riche en marchés. Et le Tambo, marché de produits agricoles en provenance des Yungas, région plus au sud, est historiquement l´une des raisons de l´existence de la ville.

Egalement plusieurs musées à visiter. Parmi ceux-ci le Musée des Instruments de Musique, un musée privé à ne pas rater (collection riche, ludique et insolite). Chaque samedi soir le créateur et propriétaire, spécialiste du charango, propose un étonnant concert.

Beaucoup d´animation le jour, la nuit. Et ce samedi la ville est en fête, de très tôt le matin à très tard dans la nuit, les principales avenues du centre ville sont fermées pour cause de défilés ininterrompus de danse en costumes très colorés des diverses universités...

Et chaque dimanche le stade de La Caja à El Alto accueille des lochas de cholitas, spectacles de lutte auxquels participent des femmes en tresses et jupe plissée traditionnelle. Les "méchantes" affrontent les "gentilles" dans un délire de cris, voire jets de coca... Très kitsch...
La vie est belle

Jean Marie




4 Août La Ruta de la muerte Bolivie

Faire la célèbre "Ruta de la Muerte" en Bolivie n´est assurément pas un exploit.

Presque un attrape-nigaud, proposé par de très nombreuses agences aux touristes en mal de sensation. Quotidiennement une centaine, parfois des centaines de VTTistes, dévallent les 3.500 m de dénivelée sur 31 km de route bitumée puis 32 km de pistes caillouteuses... En Colombie et au Pérou notamment, on descend des pistes très pierreuses, souvent beaucoup plus difficiles, mais moins fréquentées...

Effectuer cet itinéraire avec son propre vélo et bagages offre un tout autre menu.

En entrée, longue grimpée de 23 km pour atteindre le Col de la Cumbre, 4.670 m, soit une dénivelée de plus de 1.400 m. Pendant la première moitié on bataille constamment avec les nombreux minibus qui s´arrètent au moindre signe, soit très très fréquemment. Puis, à la sortie de la ville et de la banlieue, après 14 km, les montagnes pelées de la Cordillère Royale des Andes sculptent l´horizon sur fond azur. Un barrage, puis plus loin, juste avant le col, les eaux bleues du lac Estrellani, à l´orée du Parc Cotapata, départ de nombreux treks. C´est tellement beau et silencieux qu´on plante sa tente... malgré le froid, malgré le vent qui cingle le visage... Et les mouettes rient... Pas de condor à l´horizon...

En plat principal, après une longue descente sur route bitumée, souvent bosselée, où peu à peu la végétation se densifie (31 km, plus de 1.600 m de dénivelée), à droite, la fameuse route... 

Une piste, caillouteuse et tortueuse, qui évolue à flanc de précipice, au coeur de la forêt des Yungas (32 km, une dénivelée de 1.900 m, des précipices de 1.000 m !). Une végétation de plus en plus verte et dense, quelques condors, plusieurs cascades (il y a même une petite cascade qui sort directement de la roche !), de plus en plus de fleurs, parfois des éboulis de terrain... Nommée "route de la mort" étant donné le nombre élevé de camions, bus et voitures qui plongeaient chaque année dans les ravins (longtemps la route la plus dangereuse du monde, 300 morts par an !, étant donné le mode de conduite en Bolivie, comme souvent en Amérique Latine). Aujourd´hui une nouvelle voie, asphaltée, plus large et moins pentue, absorbant le traffic routier, la piste est devenue un terrain de jeu pour VTTistes...

En dessert, arrivé sur le route asphaltée, il faut... grimper sur 9 km, et c´est plutôt dur (près de 700 m de dénivelée), la première moitié sur bitume étonnement lisse, la seconde sur pavés rugueux, pour rejoindre le village de Coroico, à 1.750 m d´altitude, où la vie s´écoule lentement... Un climat chaud et humide, parfois un vent rafraichissant... Plus loin, un hostal au mileu d´un domaine de 7 ha de forêt où prospèrent bananiers, caféiers et fougères arborescentes géantes et où nichent des oropendolas, de gros oiseaux jaune et noir, bâtisseurs de nids qui pendouillent. Un petit paradis, avec piscines, hamacs et bain d´eau chaude sous les arbres...

Quand on vous dit que la vie est belle !!!
La vie est belle

Jean Marie

20 août 2017 Cochabamba

la 3ème ville de Bolivie avec ses 700.000 habitants, à 2.500 m d'altitude et au climat très clement n'a qu'un interet : servir de base pour les randonnees vers les parcs avoisinants. Ville situee à mi chemin entre La Paz et Santa Cruz de la Sierra, la metropole la plus peuplee de Bolivie (bientôt 2 millions d'habitants) et veritable capitale economique du pays. Une politique d'urbanisation desastreuse l'a privee de nombre de ses belles rues. Cependant quelques musees, de nombreuses specialites culinaires qui font la renommee de la ville (notamment le Silpancho, une escalope milanaise sur un lit de pommes de terre et de riz, ou le Lapping, viande de vache accompagnee de mais et très relevee de picantes...)... et le Cristo de la Concordia qui surplombe la ville de ses 34,20 m de haut (quelques centimètres de plus que ceux de Rio de Janeiro et de Lisbonne).

Le Parc National Torotoro est un des joyaux de la Bolivie. Des paysages de western, un sol truffe de fossiles marins et de traces de dinosaures, un des derniers sanctuaires naturels des condors et du paraba frente roja, un perroquet aux couleurs merveilleuses (animal emblematique de la Bolivie, en voie de disparition).
Le petit village indien de Torotoro est construit de vieilles maisons aux murs de terre et aux fondations en pierre. Il est connu aussi pour ses joueurs de charango, adaptation andine de la guitare italienne des orchestres baroques (son aigu et gai, des dizaines de tailles differentes, certains charangos en bois ayant comme caisse de resonance des carapaces de tatou...).

On ne peut randonner que vers quelques sites, notamment vers le Canyon de Torotoro - El Vergel (plusieurs ponts de pierre, spectaculaire mirador, sentiers de 700 marches... traces de dinosaures, peintures rupestres) et Las Siete Vueltas, les 7 virages (gisements de fossiles marins, plissements de terrain en arc de cercle...), les autres lieux necessitant un vehicule (Ciudad de Itas, grotte de Umajalanta...).

Plus loin, la Citadelle inca de Llama ChaKi, un ensemble de ruines perdues dans les montagnes... Il faut beaucoup aimer marcher.

La vie est belle

Jean Marie

Comme NIETZSCHE.....
Un paysage ne ment jamais, mais le regard le deguise, le rendant toujours different, un peu le reflet de notre etat d'âme.
Si le paysage reste quelque peu monotone entre Cochabamba et Punata, la route s'elève à nouveau peu après, serpentant dans un environnement assez aride. Après le sommet, une longue section vallonnee, toujours aussi aride. Quelques villages, quelques troupeaux, surtout des moutons...
Le vent souffle, de plus en plus fort... et la grimpee reprend.
Au sommet, un autre paysage se dessine. Des arbres, la forêt... Etonnant contraste en quelques hectomètres.
Et soudain le ciel tombe sur la tête. En 2 ou 3 minutes. Un orage violent, la grêle... le vent glacial...
En cette fin d'après-midi le ciel s'assombrit vite, très vite, beaucoup trop vite, car Mizque, terme prevu de l'etape, est encore loin.
Descente prudente sous la pluie et dans le vent glacial... A la sortie d'un virage, un camion en travers de la route, et juste derrière, un arbre barre la route. Coup de freins, derrière moi d'autres coups de freins de plusieurs vehicules. En moins de 3 minutes, une quinzaine de personnes deplacent l'arbre et degagent la route... En France, et dans d'autres pays, on aurait appele les pompiers, la Direction de l'Equipement... on aurait attendu une tronconneuse, un helicoptère, un sous-marin... en patientant, voire en râlant, une ou même deux heures. Efficacite de ceux qui ne connaissent pas l'assistanat...
Mais la nuit est maintenant tombee... Et dans la nuit noire, mais vraiment noire, les emotions recommencent. D'abord un chien traverse tranquillement, puis 2 personnes, evidemment sans lumière, surgissent dans un virage... Plus loin, c'est une moto, evidemment sans lumière. Et plus loin encore, c'est un cycliste qui me croise, egalement sans lumière... Ici les feux restent en option.
Au passage je decline une belle pleiade d'expressions francaises plus ou moins colorees, pas du Voltaire ni du Rousseau, mais, même grossier, c'est du francais !!!
Et à l'entree de la ville je heurte un pieton qui malgre la douleur se marre... de sa betise, de mon coup de gueule... lui aussi apprenant quelques mots (à ne pas repeter, à ne pas ecrire)... Facon egalement de rappocher les cultures !!!

Recolter la plus grande jouissance de l'existence, c'est vivre dangereusement. - Frederic NIETZSCHE

La vie est belle
Jean Marie

 22 août 2017  Sucre,

Bonjour à tous,

Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie, 400.000 habitants, est une belle cite coloniale à 2.750 m d'altitude, ou les Indiens sont repousses dans les quartiers peripheriques. Et ou les Chollas en tenue traditionnelle cotoyent les Chicas à la mode occidentale.

Inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, une cite etudiante dynamique (première universite bolivienne en 1624, enseignement du droit, de très nombreux cabinets d'avocats et de notaires), un centre ville très anime, dans les rues et ruelles autour du marche très colore et autour de la Plaza 25 de mayo (fête de Sucre)...

On flâne le long des rues aux eglises et edifices coloniaux immacules, allant de parc à place et placette, sans oublier de grimper, et ca grimpe !, au Convento y Iglesia de la Recoleta dominant superbement la ville (couvent franciscain, 4 magnifiques cloîtres, un cèdre de 1.400 ans classe Monument historique, pinacothèque...). On visite la Cathedrale, plusieurs eglises, des maisons et des musees (Museos universitarios Charcas, Museo de Arte Indigena, Museo de Etnografia y Folklore...).

Une ville ou on aime sejourner un bon moment.

A l'Ouest, à 45 km de Sucre, les villages Jalq'a, niches dans des vallees enclavees, au pied de l'imposante Cordillera de los Frailes, striee d'ocre et de verts, et domines par l'etonnant cratère de Maragua (en fait un plateau que les montagnes ont compresse en s'elevant, formant ainsi un creux en son centre). Un paysage aride et grandiose, des petits villages ou la population rurale vit de cultures de ble et de mais ainsi que de l'elevage et du tissage...

A l'Est, à 65 km de Sucre, le dimanche, la ville de Tarabuco celèbre son marche, malheureusement très très touristique, ou indiens yamparas et tarabucos affluent des environs, les hommes avec des chapeaux differents selon les villages et des habits rouge et orange, ou violet et noir, les femmes portant le joq'ullu, un chapeau en laine avec des perles de couleur, couvrant le front pour les femmes mariees, sur le cote pour les celibataires...

Beaucoup de couleurs.
La vie est belle

Jean Marie

26 Aout 2017 C'est le Pérou.....


Potosi, cite coloniale de 150.000 habitants, inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, établie à 4.090 m d'altitude, est la ville de plus de 100.000 habitants la plus haute du monde (plus haut que Lhassa, au Tibet). Une belle ville ou on aime sejourner longtemps... Un centre ville historique (Casa de Moneda, places, parcs...) aux ruelles parfois pavees, bordees de maisons basses à encorbellement, aux facades colorees, beaucoup d'eglises coloniales...

Et des alentours tristes, vraiment très tristes...

Car aujourd'hui encore, 6.000 hommes triment quotidiennement dans les entrailles de la gigantesque mine de Potosi, le Cerro Rico (colline riche), aux importants gisements de fer, d'etain et de zinc (beaucoup moins d'argent qu'auparavant). L'expression "C'est le Perou" fait directement reference aux mines d'argent de Potosi, le gisement le plus fabuleux de tous les temps. Autrefois, en France, on disait "Riche comme Potosi".

Vers 1545 Sumaj Orcko (plus belle montagne en quechua) se revela être une mine si fabuleuse que Charles Quint eleva Potosi au rang de ville imperiale, la seule en Amerique latine ! S'en suivirent 3 siècles d'exploitation par les Espagnols (10.000 galeries creusees, plusieurs milliers d'entrees). Et au milieu du XVIIème siècle, avec 165.000 habitants, plus qu'aujourd'hui, Potosi etait aussi importante que Paris et Londres !!! Des historiens assurent que le flux d'argent vers l'Europe fut l'une des conditions du developpement du capitalisme, tout comme le commerce triangulaire...

Inimaginable aussi, le genocide de 8 millions d'Indiens azmaras, quechuas... et d'esclaves venus d'Afrique par le biais du commerce triangulaire, les colons imposant la mita, le travail forcé par alternance dans les mines, dans des conditions epouvantables (epuisement, empoisonnement par les vapeurs de mercure qui servait au traitement de l'argent, maladies propagees par les Espagnols...). Comme nourriture, des feuilles de coca à mâcher, vendues par les mêmes colons ! D'abord diabolisée la coca fut vite reconnue pour ses vertus énergetiques, les conquistadors et les religieux rendant sa consommation obligatoire... et contrôlant au passage son commerce !

Lorsque, dès le debut du XIXème siècle, les filons d'argent commencèrent à s'epuiser, Potosi tomba rapidement en désuetude et en 1825 la ville ne comptait plus que 9.000 habitants !

La ville reprit son essor avec la decouverte et l'exploitation de l'étain, le "metal du diable", moins rentable.

Aujourd'hui pourtant on continue de trimer et de mourir dans les mines de Potosi... Et on y fait du tourisme... Même si la visite est passionnante, vivre Germinal en direct est devenu une activite touristique très prisée, mais largement discutable. Car les agences se multiplient, les groupes de visiteurs se succèdent... et les mineurs, la principale attraction, n'y gagnent pas grand-chose, voire rien... Si les hommes continuent à descendre, c'est qu'un mineur gagne 1.200 à 2.500 Bolivianos par mois, soit 150 à 300 Euros mensuels, quand le salaire minimum est de 800 Bolivianos, soit 100 Euros par mois ! A noter qu'un professeur ou un employe de banque ne touche guère que 1.500 Bolivianos, soit 200 Euros mensuellement ! L'esperance de vie d'un mineur ne depasse pas les 45-50 ans et on travaille en petites equipes, souvent en famille... La vie n'est pas toujours belle à Potosi...


La vie est belle

Jean Marie

26 septembre   Butch Cassidy and the Sundance Kid

Bonjour à tous,

A Potosi, Bolivie, bien qu´une route bitumée directe rejoigne Uyuni sur 210 km, un détour par Tupiza s´impose : près de 500 km, soit 300 km supplémentaires, dont le tiers sur pistes (vraiment très difficile à vélo sur 25 km...)

Tupiza, à 2.950 m d´altitude, est une bourgade tranquille au milieu d´un cirque de montagnes rouges.... Idéal pour des balades à pied, à cheval... au milieu d´un relief lunaire de formations rocheuses fantastiques, ocre, sable, rouges, vertes...  Des paysages de quebradas (gorges) et de canyons du Far West.

Tupiza est également l´un des points de départ pour des excursions en voiture, souvent de 3 ou 4 jours, parfois plus, vers le Sud Lipez puis le Salar de Uyuni (sens inverse des départs d´Uyuni).

Une bonne route bitumée rejoint Potosi à Tupiza sur 270 km (quelques longues montées... et descentes), le paysage devenant de plus en plus spectaculaire et magnifique.

Puis en remontant de Tupiza à Uyuni l´itinéraire traverse des paysages parmi les plus beaux et les plus variés de Bolivie.... des sommets, des steppes, des déserts, divers gisements, des canyons, des vallées de cactus cierges. Un véritable flash-back à l´époque où la Terre s´est formée...

Au programme, dans les 100 premiers kilomètres, d´abord une piste cahoteuse sur 30 km avec plusieurs passages de gués (de plus, pendant quelques centaines de mètres on progresse simplement dans le petit rio !.. et on lave son vélo et sa tenue !!!), puis une pente très sévère sur 12 km (avec 1.100 m de dénivelé !!!) heureusement en partie bitumée (route actuellement en construction), puis un secteur très valonné sur une piste infernale, vraiment infernale (25 km en plus de 6 heures !), itinéraire proposé à nouveau pour le prochain Dakar (ravitaillement offert par l´équipe de reconnaissance), enfin une piste toujours valonnée, mais plus caillouteuse et plus facile (route également en construction).

A Atocha, à mi-chemin, le cimetière des mineurs et, sur la place centrale, un avion Cessna en équilibre sur un poteau !!!
Après Atocha le décor reste toujours aussi beau... Et peu à peu la roche et le terrain dur s´effacent devant une grande plaine sableuse que traverse également une ligne de chemin de fer (utile, meme si en empruntant quelques ponts pour éviter un peu le sable, on s´offre quelques frissons lors de progressions lentes et avec précaution sur les traverses... en espérant ne pas croiser de train !!!)... Les derniers 50 kilomètres se réalisent sur une route bitumée, parfaitement plane, et presque rectiligne, avec des vents violents, malheureusement de face (progression à 10 ou 12 km/h..., épuisant).

C´est dans ce décor spectaculaire et somptueux que Butch Cassidy et le Sundance Kid, les 2 célèbres hors-la-loi, construisirent leur légende. Dans ce panorama exceptionnel de montagnes rouges et vertes, d´orgues de sable et pics ocre ou de forets pétrifiées on se cache facilement, non loin de gisements de minerais divers... Le village de San Vicente, où ils furent abattus en 1908, se trouve à quelques kilomètres à l´Ouest.

Et dans ces paysages enchanteurs reviennent en boucle le film de George Roy HILL (avec Paul NEWMAN, Robert REDFORD et Katherine ROSS, notamment le brillant numéro à bicyclette de Paul NEWMAN et de Katherine ROSS) et, bien sur, la très belle musique de Burt BACHARACH, "Raindrops Keep Fallin´on My Head" (en francais, "Toute la pluie tombe sur moi", chanson interpretée par Sacha DISTEL).

"Sur Terre ce ne sont pas les occasions de s´émerveiller qui manquent, mais les émerveillés." - Eric-Emmanuel SCHMITT

La vie est belleJean Marie


Flirt avec le ciel - Salar de Uyuni et Sud-Lipez

Le Salar de Uyuni est un immense désert de sel de 12.500 km², le plus grand du monde, à 3.650 m d'altitude. Sur 40 m d'épaisseur alternent couches de sel et de glaise. L'horizon à l'infini, une planéité parfaite... Dessus se perdent quelques îlots, hérissés de cactus de 10 m. de haut. Et lorsqu'une mince pellicule d'eau couvre le sel, les volcans alentours se reflètent en de somptueux effets miroirs...

Cette magie se mérite. On avance, les sacoches pleines à ras bord, lourds comme des pachydermes, dans ce désert équivalent à deux départements français. Un enfer blanc où quelques centaines d'hommes piochent et creusent à longueur d'année pour dégager des briquettes de sel non iodé... Oui, ils triment, la tête couverte d'un passe-montagne et de lunettes noires contre la réverbération intolérable du soleil, pieds et mains brûlés, rongés par le sel... Au loin quelques villages vivotent de la culture du quinoa et de l'élevage de lamas...

Sous la croûte de sel gît plus de la moitié des réserves de lithium du monde... si précieux notamment aux batteries électriques....

A quand l'exploitation de cet immense gisement, à quand les bouleversements ?

Plus au Sud, le Sud-Lipez, une toute petite région au sud de la Bolivie enclavée entre l’Argentine et le Chili.

Traverser le Sud-Lipez, c'est traverser l'une des plus belles régions du Monde, c'est plonger dans une féerie. Des paysages à couper le souffle, un territoire quasiment inhabité peuplé de flamants roses, de lamas, d’alpagas et de vigognes, semés de volcans, de déserts de sel et de lagunes paradisiaques...

Et la piste est longue, 400 km, entre 4.200 m et 4.700 m... Le vent se lève généralement l’après-midi pour ne plus faiblir jusqu’au soir, plutôt du nord vers le sud, pas une petite brise rafraîchissante, non un mur de vent ! Oui, un mur ! Si les jours sont d’un bleu parfait, invariablement bleu... la nuit les températures sont toujours négatives, même très négatives (cela peut descendre jusqu'à -25°C)... Inutile d'emmener un drap de soie ! Malgré l’attirail du grand froid, on gèle... De toute façon il faut choisir entre beau temps et températures parfois glaciales ou risque de mauvais temps et températures plus clémentes…

Les pistes partent souvent dans tous les sens puisqu’elles sont creusées par les voitures et toutes ne choisissent pas de suivre les mêmes. Alors on hésite, surtout qu’il n’y a bien évidemment aucun panneau... Donc on se lance au hasard ou parfois on attend une voiture pour demander son chemin...

Cette magie se mérite. La piste flirte avec le ciel, oscillant entre le plus beau rêve et parfois le pire cauchemar... On avance cahin-caha de 50 kilomètres par jour malgré 6 à 8 heures d’effort... A rebondir sur une piste sans rien maîtriser, à rebondir sur des vagues de terre toute la journée, sans répit ni grâce, interdisant de dépasser les 10 km/h sous peine de faire un joli vol plané, à glisser sur le sable et à se relever... A subir des vents parfois dantesques, complètement isolé et en totale autonomie sur une piste de terre, parfois de boue, tantôt sablonneuse, tantôt caillouteuse, mais surtout une piste de tôles ondulées, ennemie jurée et tortionnaire, une obsession, un combat perdu d’avance contre ses nerfs... Mais que les paysages sont fabuleux, oui tellement fabuleux... peut-être l’endroit le plus photogénique du Monde…

Et lorsqu'on atteint enfin la petite route goudronnée qui mène à San Pedro de Atacama, Chili, on pleure de joie d'avoir vécu ces instants d'intensité... avant d'entamer la descente quelques 2.000 mètres plus bas... une descente exceptionnelle de 40 kilomètres vers la civilisation passant de 4.500 à 2.500 mètres d’altitude en moins d’une heure, et surtout de 0°C à 30°C avec un vent qui se gonfle de chaleur au fur et à mesure des minutes, une sensation unique !

La vie est belle
Jean Marie


San Pedro de Atacama

San Pedro de Atacama, Chili, à 2.440 m d´altitude, est un gros village aux maisons d´adobe qui se love au coeur d´une oasis clairsemée perdue en plein désert d´Atacama.

Des ruelles piétonnes en terre entourent une petite église pittoresque et une jolie place ombragée d´où on apercoit le majestueux volcan Licancabur, à 5.916 m d´altitude.

Un vrai charme malgré le développement incessant du tourisme. Dans les quelques rues du centre fleurissent agences de voyage et boutiques, restaurants et bars... Les salaires sont 25% supérieurs qu´ailleurs au Chili, grace au développement du tourisme, du site astronomique du plateau de Chajnantor et de l´axe routier transaméricain... Et le soir la foule est dense, meme très dense.

Point de départ pour des excursions dans l´immensité du désert et sur l´Altiplano (vallée de la Luna déchirée par l´érosion, lagunes peuplées de flamants roses du Salar d´Atacama, geysers du Tatio, volcan Licancabur...).

Et plus haut, la voie lactée, les étoiles semées à l´infini dans un ciel d´une pureté incomparable... Magique.

La vie est belle

Jean Marie

Sur la route de Salta

Bonjour à tous,

Une beauté de paysages qui invite au voyage à vélo...

De San Pedro de Atacama, Chili, à Salta, Argentine, un choix d´itinéraires :

- soit la route entièrement bitumée et très fréquentée par le Paso Jama, à 4.230 m

- soit la voie par le Paso Sico, à 4.079 m, un peu plus courte (550 km), très peu fréquentée, car la moitié sur ripio (route actuellement en construction)

Le second itinéraire offre un environnement très spectaculaire, beaucoup plus rude aussi, car l´isolement est réel, d´autant plus qu´on franchit 5 cols entre 4.100 et 4.560 m, et qu´il faut camper 3 ou 4 fois à plus de 4.000 m, avec froid et vents garantis !!!

Dans un premier temps on longe le Salar d´Atacama, essentiellement une croute de sel tourmentée, bétonnée par la poussière, un relief hostile et chaotique : 2.300 m d´altitude, 300.000 hectares, estimation d´épaisseur de sel maximale de 1.450 m !!!... Un désert formé par la condensation, sous l´effet de la chaleur intense, du sel contenu dans les eaux de ruissellement souterraines. Ces grandes étendues blanches, semblables à une couche de neige ou de gel (en fait le sel qui ressort avec l´humidité) contrastent avec l´ocre de la terre et rappellent qu´il y a 65 millions d´années l´océan recouvrait tout...

Le désert d´Atacama abrite le plus grand observatoire de radioastronomie au monde (66 antennes, équivalant à un télescope de 16 km de diametre !) capable d´atteindre la partie la plus ancienne de l´Univers !!!

Plus loin, alors que la piste grimpe à travers les steppes sauvages au-dessus de 4.000 m, au pied de plusieurs volcans, c´est vraiment beau, surgissent 2 sublimes lacs couleur bleu lagon, les Lagunas Miscanti-Miniques (ou Lagunas Altiplanicas, à 4.350 m) devant lesquels paissent des vigognes. Sensation d´espace à donner le vertige...

Un peu plus loin, le superbe Salar de Aguas Calientes (ou Salar de Talar) et la Laguna Tuyaito aux eaux émeraude, toujours à plus de 4.000 m.

On y admire de près, dans un silence étourdissant, les 3 espèces de flamants de montagne se nourrissant sur le plan d´eau (le soir ils regagnent leur lieu de nidification) :

- le flamant de James, à la livrée très claire et aux pattes rouges

- le flamant du Chili, aux "genoux" roses et au bec majoritairement noir

- le flamant andin, spectaculaire, aux plumes des ailes écarlates et aux pattes jaunes

Le ripio, un moment très cahotique et difficile (sur 25 km), rejoint le Paso Sico et la frontière (route en construction).

Du coté argentin on progresse plus vite, la piste étant régulièrement entretenue...

Et enfin apparait, après 200 km !, Olacapato, un premier petit village minier habité (auparavant un isolement total, que des villages abandonnés !).

A San Antonio de los Cobres, bourgade minière poussiéreuse à 3.800 m d´altitude (maisons de pisé, rues plutot désertes), non loin du célèbre viaduc de La Polvorilla, à 4.220 m, dernier arret du "Tren a las Nubes" (train vers les nuages), très touristique, on retrouve un long moment le bitume (magnifique col de Chorillo, à 4.560 m d´altitude) pour descendre et rejoindre Salta, Argentine, à 1.200 m d´altitude (route en construction sur 40 km...).

Salta, la sophistiquée, 700.000 habitants, s´étendant dans un bassin entouré de pics verdoyants, offre ses superbes musées (Museo de Arquelogia de Alta Montaña avec sa collection consacrée à la culture inca et en particulier aux sacrifices d´enfants perpétrés sur certains sommets des Andes, Museo Pajcha de Arte Etnico Americano...), ses cafés en terrasse et ses concerts de musique folklorique dont résonnent ses peñas (clubs de musique)... Les attraits d´une grande ville à l´architecture coloniale assez préservée tout en gardant le charme d´une bourgade, malgré le brouhaha et la circulation, et surtout, en lisière de la ville, une importante population de fermiers indiens issus des campagnes ou de Bolivie, venus ici en quete, hélas souvent vaine, d´une vie meilleure...

La vie est belle

Jean Marie


10 novembre 2017 

Sur la route de Salta à Mendoza (Argentine)

De Salta à Mendoza un long ruban bitumé traverse la pampa argentine. Au loin, la puna, les hauts plateaux andins… Souvent de longues lignes (trop) droites, un parcours faiblement vallonné…

Quelques coups de cśur cependant, rares mais intenses.

Avant de humer les vins de Cafayate, notamment le torrontés, un vin blanc sec aromatique, au nord de cette ville au charme rural avec en arrière-plan d’imposantes montagnes, les arides et spectaculaires canyons de la Quebrada de las Conchas (grès aux couleurs chaudes, formes insolites sculptées par le Rio de las Conchas, fascinante polychromie allant du riche ocre rouge au vert vaporeux, un régal pour les yeux sur plus de 50 kilomètres, surtout en fin d’après-midi). Et juste à l’orée de cette ville, Los Medanos, un vaste champ de dunes bordant le canyon où succèdent les impressionnantes Garganta del Diablo (gorge du diable) et El Anfiteatro (l’amphithéâtre), aux pierres déformées par les mouvements tectoniques.

Plus au sud, la bourgade de Belen, paisible et reculée de tout, où s’activent de nombreux ateliers textiles (produits tissés utilisant la laine des lamas, moutons et alpagas). Et à proximité, les ruines de El Shincal, cité inca fondée en 1470 sur les contreforts montagneux et dominant la vallée.

Toujours plus au sud, dans un décor de Far West, la ville de Chilecito (gigantesque statue du Cristo del Portezuelo à laquelle on accède par un escalier de 200 marches flanqué de jardins de cactus en terrasses…). Jusque dans les années 1930, afin de permettre l’extraction d’or, d’argent et de cuivre dans la Sierra de Famatina, un téléphérique conduisait à une mine à 4.603 m d’altitude !, soit un dénivelé de 3.600 m sur 35 km ! Hommes et matériels étaient transportés à la mine en… 4 heures ! Fascinante balade !!!

Entre Chilecito et Villa Union, belle et assez longue ascension de la Cuesta de Miranda…

Puis, entre Villa Union et San Juan, deux très beaux parcs classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco qui se jouxtent, le Parque Nacional Talampaya (formations rocheuses et canyons, témoignages de l’action érosive de l’eau) et le Parque Provincial Ischigualasto (terre sans vie en diaguita) ou Valle de la Luna (formations rocheuses de glaise monochrome, pierre rouge friable et cendres volcaniques, flore désertique de caroubiers, de buissons et cactus, fossiles de dinosaures, divers fossiles dont certains vieux de 180 millions d’années).

San Juan, capitale provinciale discrète, victime en 1944 d’un tremblement de terre. Grâce aux efforts qu’il déploya pour récolter des fonds pour sa reconstruction Juan Peron devint une figure nationale.

De San Juan à Mendoza, langueur et monotonie…

La vie est belle
Jean Marie

Mendoza, une ville de plus de 1,2 million d’habitants (avec agglomération), à une altitude de 700 m, offre de larges avenues bordées d’arbres, de ravissantes places ornées de fontaines magnifiques (5 places centrales disposées comme le chiffre cinq d’un dé à jouer), des cafés cosmopolites… Peu d’édifices datent de l’époque coloniale, la ville ayant été détruite en grande partie par un tremblement de terre en 1861.

Ville au rythme décontracté située en plein désert, animée le jour et très animée le soir…

De jolies maisons, des musées, de grands parcs (comme les 420 hectares du Parque General San Martin, avec lac et magnifique roseraie), des théâtres, des églises…

La Basilique de San Francisco abrite l’icône de la Vierge de Cuyo, patronne de l’armée des Andes du Général San Martin (nombreuses offrandes des Mendocinos en hommage à la Vierge et à San Martin, mausolée contenant les dépouilles de la fille, du gendre et de la petite-fille de San Martin, rapatriées de France en 1951).

Et surtout le nom de Mendoza est associé au vin. Des variétés « nobles » de merlot et cabernet sauvignon qui s’imposent sur la scène internationale. Et à Maipu, dans le sillage de la viticulture, l’oenotourisme règne… A consommer surtout… sans modération !

« L’apéro quotidien, pour que l’improbable devienne possible » copyright Zim.

La vie est belle
Jean Marie