Carnets de Voyages

Le Chemin de Saint-Jacques en tandem

par Guy Gallardo


La dernière semaine de juillet est marquée, pour moi, par une grande fête : la Saint Jacques…..
En effet étant né en ce jour de fête, j’avais voulu fêter mes 5O ans à Saint Jacques de Compostelle. Avec mon ami Jean, nous avons donc fait ce voyage
itinérant en vélo vers un de ces hauts lieux de la chrétienté, voyage plein
d’anecdotes et de souvenirs qui nous a marqués pour la vie.

Un de nos petits fils, Arnaud, 14 ans, voulant faire une balade à vélo, mon
choix s’est de suite porté sur les chemins de Saint Jacques en Piémont
Pyrénéen. Nous avons parcouru les routes du Piémont Pyrénéen au plus près du chemin pédestre en tandem et en cyclocamping: 

  • 2011 De LAVELANET à SAINT-BERTRAND-de-COMMINGES
  • 2012 De SAINT-BERTRAND à ARGELES-GAZOST
  • 2013 De TARBES à SAINT-JEAN-PIED-de-PORT
 
Mais une fois arrivés à Saint-Jean-Pied-de Port, une envie irrésistible nous a poussé à continuer par le Camino Françès: Pourquoi ne pas fêter mes 70 ans à St Jacques ?

  • 2014 de SAINT-JEAN PIED-de-PORT à BURGOS en tandem avec Arnaud
  • 2015 de BURGOS à SANTIAGO en tandem avec mon épouse Brigitte, Arnaud et sa maman
Vous pourrez lire le texte complet du voyage en cliquant sur l'image....



Voyage en ALLEMAGNE

par Jacques Dewancker


Des récits, comme celui qui vous est présenté, sont nombreux, cependant pour ceux qui y ont participé, leurs souvenirs restent uniques. 

L'un d'eux, maintenant membre du Club Cyclotouriste du Pays d'Olmes, a découvert depuis peu, au sein de cette structure, ce qu'il recherchait depuis un moment à savoir: la camaderie, la convivialité, la passion du vélo, l'amitié. 

Il connaissait déjà cet esprit au sein de son ancien club Sarthois, c'est pourquoi il désire vous faire partager un moment de vélo vécu il y a dix ans et qui, pour lui,  laissera des souvenirs impérissables.

Une petite bande de camarades passionnés de vélo, s'est donnée comme challenge de rejoindre la ville de Bückeburg en Allemagne dans le cadre du jumelage des deux villes.
En mai 2010 cinq retraités ont bravé un vent de face permanent et une température anormalement froide pour la saison, sur près de 1200 km en six jours.

Un récit empreint d'humilité dans l'esprit cyclotouriste....des moments de joie, d'autres plus difficiles, des péripéties comme on est obligé d'en rencontrer dans ce genre d'aventure, tout cela ne fera que vous donner encore plus envie de pédaler car en vélo tout est plus beau ! 

En vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout  

Albert Camus   
Cliquez sur la photo pour lire ce récit de voyage très bien illustré...

PARIS PÉKIN à vélo par Yvon Blazy

Le récit complet de l'expédition en cliquent sur la carte
SOUVENIRS , SOUVENIRS :  PARIS-PEKIN  2008

Pédalées vers le KAZAKHSTAN . . .


Oui, en ce mois de mai 2008, avec l’expé Paris-Pékin 2008 de notre fédé (FFCT devenue depuis FFVélo)  nous  traversâmes  le Kazakhstan (juste après le passage à Astrakhan) . 
Ce grand pays faisait partie des républiques socialistes soviétiques. Une formation de l'URSS fut l'une des conséquences de la révolution russe de 1917. Après cette révolution de février 1917, qui avait mis fin au règne de l'empereur Nicolas II, la révolution d’octobre 1917 renversa la république russe et le 7 novembre 1917, et les bolcheviks  qui étaient donc  fédéralistes prirent le pouvoir. 
L'un des moteurs de la création de l'URSS fut la volonté de Lénine d'appliquer cette doctrine fédéraliste. Sans retracer ces longues années de l’URRS, souvenons-nous que c’est  dans le courant de l'année 1991 que l'Union soviétique se fragmenta. 
Lors de cette  dislocation de l'URSS, le Kazakhstan est la dernière des quinze républiques soviétiques à déclarer son indépendance en décembre 1991. 
Presque 6 fois plus grand que notre pays pour un peu moins de 20 millions d’habitants, ce pays « repose » sur un sous-sol avec la plus importante réserve de pétrole au monde qui aurait du ou pu faire sa richesse. La tendance actuelle et le fait que le max de la valeur ajoutée profite à la Russie qui récupère la presque totalité du pétrole brut pour le raffinage etc, fait que malgré les grandes campagnes en 2008 (voir photo)   annonçant pour 2030 la richesse pour tous, actuellement les chiffres du PIB ne vont pas dans ce sens ! 
En 2008, le poste frontière était tout récent, tout neuf mais à 10 kms de celui de la Russie et  on tentait de s’ignorer en frères ennemis ! Nous le ressentîmes pour ce passage de frontière, même si nous étions un peu mieux  habitués à cette écriture cyrillique que nous retrouvâmes sur  les imprimés à remplir aux différents bureaux : immigration, douane, police et j’en passe ! De quoi finir l’étape à la nuit noire et à nouveau sous la pluie !



De la Seine à l’Oural

Au Kazakhstan nous avons parcouru plus de 2000 km en 18 étapes dans des paysages variés passant de la steppe à des régions luxuriantes notamment le long de la Volga plus long fleuve d’ Europe ou de l’Oural, ces grands fleuves qui auront été l’un des fils conducteurs de notre expé avec au début la Seine « remontée » pratiquement jusqu’à sa source sur le plateau de Langres, le Rhin mais à peine aperçu lors du passage en Allemagne où là, nous sommes allés chercher un grand fil conducteur : le Danube deuxième plus grand fleuve d’ Europe après la Volga qui prend sa source à Donaueschingen (voir photo du « bassin officiel de naissance ») et que nous suivrons jusqu’à son immense delta que se partagent la Roumanie et l’Ukraine. 

Il se jette dans la mer noire après avoir longé ce petit et plutôt pauvre pays qu’est la Moldavie où, nous, pédaleurs intéressés évidemment par tout ce qui touche au cyclisme, avons eu la chance lors d’une réception à Albota de Jos d’être accueilli par le ministre des sports de ce fort sympathique pays. Un ministre qui n’était autre que l’ancien coureur pro André Tchmil dont chacun se souvient qu’il était un coureur très sympa et un bon coureur qui a, entre autres victoires,  un Paris-Roubaix (1994) et le « Ronde » (Tour des Flandres 2000) à son palmarès. Alors que depuis ce mois d’avril 2020, il lutte contre le cancer, je me joins à tous ses amis et supporters pour lui souhaiter de vaincre comme il savait le faire en vrai forçat sur son vélo.

Voici l’Asie . . .

Mais revenons à notre expé au Kazakhstan car si nous rencontrerons d’autres grands fleuves comme le fleuve jaune (Huáng hé)  en Chine, il ne faut pas manquer le passage du fleuve Oural au Kazakhstan (voir photo sur le pont d’ Atiraw). 

Un fleuve qui est la frontière physique entre Europe et Asie. Donc dans cette ville « pétrodollars » toute récente et moderne où se trouve un grand centre d’extraction de pétrole, une partie, à gauche sur la photo, est en Europe et à droite, l’autre partie est en Asie. Ce soir-là, première nuit en Asie et ainsi jusqu’à la fin du périple en Chine.

 La partie sud du Kazakhstan que nous avons traversée, est une partie souvent désertique et les routes « principales » que nous empruntions ont permis aux vélos de prouver leur solidité et leur fiabilité ! (voir photo). Pas de forêt dans ces zones désertiques et dans les campagnes, les habitants font sécher la bouse de leurs animaux pour alimenter le feu pour cuisiner ou se chauffer. 

Dans ce pays l’accueil officiel ou spontané a été encore exceptionnel ; que ce soit dans tous les villages où nous avons fait étape ou en bord de route dans des endroits les plus inattendus. 

Lait de chamelle, beignets , musique, danses etc. nous aurions vraiment déçus tous ces kasakhs si nous étions passés sans nous arrêter. Au Kazakhstan, et plus précisément à Qandiaghash où l’accueil fut énorme (foule à l’arrivée, spectacles etc) nous avons aussi découvert le train pour une liaison de près de 700 km dans une zone très compliquée qui nous amena dans la région de la base de Baïkonour où nous avons pu visiter le musée. 

Notre périple se poursuivit dorénavant sous des températures bien plus chaudes, avec toujours les yeux écarquillés à la découverte de ce pays où la population est plus souvent musulmane qu’orthodoxe. 

Parmi les jolis moments, il y eut cette étape à Turkistan où se trouve le mausolée du maître soufi Khoja Ahmed Yasavi; un mausolée des 12è puis 14è siècle avec son dôme qui est le plus grand d’ Asie centrale ; un mausolée (voir photo) qui a été le premier site kasakh inscrit par l’ UNESCO au patrimoine mondial. 

En nous rapprochant de la frontière du Kirghistan, nous voyons le paysage changer ; à l’horizon apparaissent les montagnes ; nous commençons à prendre de l’altitude ; la nature est plus verte et des cultures apparaissent ; la suite de l’aventure en pays kirghize sera encore passionnante  . . .

 

Le CANADA d'Ouest en Est par Jean-Marie Zimmerman

Michèle et René à Prague

Après avoir traversé l'Amérique du Sud du nord au sud par la Cordillière des Andes, Jean-Marie Zimmerman tente la traversée à vélo du Canada de l'ouest en Est.



Correspondances

11 juin 2019

En allant vers les Rocheuses


Bonjour à tous, 

En quittant Victoria, capitale de la Colombie Britannique (et non Vancouver), Point 0 de la Transcanadienne, ville profondément urbaine mais également calme et souriante avec ses jardins fleuris et son art de vivre à l'anglaise, après une belle traversée en ferry le long de l'île de Vancouver (et autres îles), on rejoint Vancouver, la ville la plus peuplée du Canada avec ses 2,5 millions d'habitants (50% d'origine étrangère) et principal port du pays, à l'architecture electique où cohabitent des lignes ultramodernes et de sympathiques immeubles anciens, jeune et dynamique, à l'intense vie socioculturelle, alliant grands projets, douceur de vivre et culture écolo...

En sortant lentement de l'agglomération au trafic constant on plonge peu à peu dans une nature grandiose et démesurée où parcs nationaux et provinciaux se succèdent jusqu'aux Rocheuses... D'immenses panoramas de crêtes montagneuses, une profondeur sauvage... Un territoire appartenant à l'origine aux Amérindiens (First Nations), à l'histoire douloureuse et aux conditions de vie difficiles...

Jamais loin de la frontière américaine (49 ème parallèle jusqu'aux Grands Lacs) on longe la rivière Fraser, l'un des deux filons de la ruée vers l'or en Colombie Britannique (1858), on traverse la petite ville de Hope parsemée de sculptures de bois taillées à la tronçonneuse (où furent internés 20.000 Japonais par souci de revanche après Pearl Habour et où fut tourné le premier Rambo !), puis, après avoir goûté aux vins de l'Okanagan Valley, on découvre, à 3 km de la frontière, le climat sec et chaud d'Osoyoos (très touristique avec son lac semblant coupé en deux, départ de la route des vins !)

Plus loin s'enchaînent cols, parcs et autres lacs, comme le Christina Lake et le très long Kootenay Lake (traversée gratuite sur ferry la plus longue au monde !, 35 minutes dans un paysage somptueux...).

Cranbrook, ville-supermarché sans intérêt (comme souvent), Kimberley (quelques chalets bavarois !), Skookumchuch (gros village dont on ne retient que le nom imprononçable), les sources chaudes de Fairmont Hot Springs et Radium Hot Springs... les Rocheuses, les Rocky Mountains se dressent devant nous...

La vie est belle
Jean Marie   


22 juin 2019

Les Rocheuses, 

le summum d'un voyage dans l'Ouest Canadien. 

Des Alpes aux dimensions multipliées. Un parcours spectaculaire avec d'inoubliables panoramas. Grandiose, somptueusement et simplement grandiose... 

On sue dans les sources chaudes de Radium Hot Springs, on sue également dès l'entrée du Parc Kootenay, en sortie de ville, et le Sinclair Canyon aux falaises ocre rouge fréquentées par les mouflons... et les touristes. 

Le col Sinclair, 1.486 m, offre une merveilleuse vue sur la large vallée de Kootenay délimitée par un arc infini de montagnes (rivière, quelques lacs, traces de gigantesques feux de forêt qu'on laisse parfois se développer pour combattre l'invasion du Mountain Pink Beetle, un petit scarabée qui adore les vieux arbres). Une balade vers les Paint Pots, les pots de peinture, sources minérales saturées en oxydes ferreux offrant des eaux d'un vert changeant et colorant le sol d'infinis dégradés ocre rouge... 

Une virée vers Banff, assez chic et très touristique (3 millions de visiteurs par an pour 8.000 habitants !) et vers Canmore, qui connaît un boum sans précédent depuis les Jeux Olympiques de Calgary en 1988 (de 3.200 à 15.000 habitants en 30 ans !), ville offrant de magnifiques balades dans les montagnes environnantes. 

Lente randonnée vers le Nord (c'est tellement beau qu'on freine sa progression, et il y a de nombreuses auberges rustiques dans des lieux enchanteurs), par Castle Mountain, énorme masse rocheuse aux formes pyramidales (quelques lacs... et des caribous), par Lake Louise, gros carrefour commercial, véritable verrue touristique dans ces éblouissantes montagnes qui embrassent son lac éponyme (et son célèbre hôtel) aux eaux émeraude dans un cirque de versants rocheux couverts de sapins..., plus loin le superbe lac de Moraine... 

Vers Jasper, ville de 5.000 habitants, plus tranquille et moins touristique que Banff, avec les 236 km de la Route des Glaciers.

Une succession de panoramas grandioses, alternance de lacs émeraude, glaciers spectaculaires, chutes tumultueuses, crêtes acérées et forêts impénétrables. Un rêve pour tout randonneur pédestre ou cyclo. Lieu de rencontres d'une faune très diversifiée. 

Des moments privilégiés. Plusieurs wapitis au corps brun et aux bois inclinés vers l'arrière, quelques orignaux à la masse imposante et aux bois plats et larges, de nombreux cerfs mulet au pelage gris, des bandes de mouflons, quelques chèvres au pelage blanc, quelques coyotes et loups... Icefield Centre, grand complexe commercial, une ruche de touristes, face au Columbia Icefield, imposante calotte glaciaire qui alimente des rivières se jetant dans trois océans (Atlantique, Pacifique et Arctique)... 

Panoramas vertigineux... Evidemment tout est déraisonnablement cher... 

A quelques mètres, une silhouette... belle et massive, la démarche chaloupée !... Un magnifique grizzly à la fourrure de teinte canelle (parfois la teinte vire au noir)... Seuls, nous deux... Un beau moment de vie... Plusieurs minutes (à s'admirer mutuellement ?)... De belles photos, la rencontre avec une star... Une envie de se fondre dans cette fourrure (soyeuse ?, peut-être pas vraiment conseillé, mais...). 

La vie est belle. Inoubliable moment avec Albert (en Alberta on prénomme les ours Albert ou Alberte, en Colombie Britannique, Colombin ou Colombine, du moins je suppose...). 

Plus loin sur un arbre perché, tranquilles à déguster des baies, une ourse noire et son ourson. Le temps de quelques photos, grincements de pneus et horde sauvage de touristes. Féerie brisée... 

Plus loin scène identique avec une autre horde... A quand le retour à la guillotine, les traditions se perdent... 

A nouveau seul, un ours noir traverse calmement la route... D'autres rencontres... Magnifique de côtoyer le monde animal dans le silence de l'immensité... 

David Thompson, le plus grand géographe de tous les temps, après avoir été commis à la traite des fourrures, a parcouru de 1792 à 1812 plus de 90.000 km en canoë, en traîneau à chiens, à cheval et en raquettes, cartographiant un territoire de 3,9 millions de km2 du continent nord américain ! En 1814 il termina sa grande carte du Nord-Ouest en utilisant des instruments aujourd'hui jugés très simples : " Ma trousse d'instruments se composait d'un sextant d'un rayon de dix pouces avec mercure et lunettes parallèles, d'un excellent réfracteur achromatique, d'un autre réfracteur de moindre qualité pour tous les jours, d'un nécessaire à dessin et de deux thermomètres. " 

Toute une belle et riche vie d'aventures... La vie est belle Jean Marie


1 juillet 2019

Morne plaine puis vertes prairies...

Petit dessert avant de se lancer vers l'Est : un retour en arrière dans le Parc de Jasper de 1oys50 km, avec une nouvelle grimpée du Sunwapta Pass, 2.030 m, plus impressionnant mais un peu moins haut que le Bow Pass qu'on évite en allant sur Nordegg. 

Autre vision de ces magnifiques panoramas. Ambiance de refuge de montagne dans cet environnement sauvage sous les pins... en profitant du sauna... quand la température baisse rapidement. Au petit matin, salutations d'un charmant bonhomme de neige, avant de s'élancer vers le sommet sous le soleil, puis, lors des derniers kilomètres, dans des bourrasques de neige et de grêle (sous le regard ahuri de quelques touristes calfeutrés dans leurs véhicules). 

Merveilleux contraste... Prudente descente avant une belle éclaircie. 

Devant, un long ruban bitumé se profile, longeant la rivière Saskatchewan (un moment un très beau lac). 

Puis peu à peu les Rocheuses s'effacent au profit de forêts jusqu'au village de Nordegg, longtemps grand centre de production de charbon, puis Rocky Mountain House, base de départ de nombreux explorateurs vers les Rocheuses et l'Océan Pacifique (centres de négoce : Compagnie de la Baie d'Hudson, Compagnie du Nord-Ouest). 

Les Prairies s'étendent sur l'Est de l'Alberta, le Saskatchewan (rivière rapide en langue crie) et le Manitoba (passage dü Grand Esprit en langue crie). 

Vaste plaine vouée à l'élevage et à l'agriculture, notamment de blé, une immensité infinie où se dressent régulièrement des puits de pétrole (vastes gisements surtout plus au Sud dans la région de Calgary) et que traverse une ligne de chemin de fer reliant Vancouver à Toronto empruntée par d'interminables convois de wagons de fret et parfois de voyageurs. 

Dans cette interminable immensité, une vallée, impropre à l'agriculture, les Badlands (mauvaises terres), paysage ruiniforme et raviné de terrains argileux... Et une ville de 8.000 habitants, Drumheller, avec son étonnant et gigantesque Royal Tyrrell Museum dédié à la paléontologie (80.000 spécimens, une quarantaine de squelettes complets de Dinosaures)... Superbe et très instructif... D'autant plus qu'on se sent tout petit... 

Toujours cet interminable ruban bitumé dans un isolement total, excepté le trafic routier (des fermes isolées, quelques villages, quelques petites villes... à l'architecture souvent identique, des centres commerciaux, des stations essence, des hôtels, un office de tourisme, souvent l'un des seuls bâtiments avec un style...). 

Puis Saskatoon, une agréable ville de 300.000 habitants, le "Paris des Prairies" avec ses 7 ponts (université, théâtres, musées, parcs et sentiers riverains, sièges de la plus grande entreprise de production de potasse au monde, de la plus grande entreprise de production d'uranium au monde...)... 

Toujours cet interminable ruban routier balayé par le vent... Jouissif lorsque le vent pousse, énervant lorsqu'il souffle de côté, harassant et usant lorsqu'il souffle de face... Parfois la pluie, le froid... 

Peu à peu le paysage s'humanise... avec plus de villages, puis le Duck Mountain Park (et Madge Lake), la petite ville de Dauphin et ses statues commémorant l'immigration ukrainienne, le village de Sainte Rose du Lac (immigration française), plus loin forte communauté allemande, plus loin islandaise (village de Reykjavik)... 

Et Winnipeg, et ses 800.000 habitants, capitale du Manitoba (centre historique, rivières Rouge et Seine, nombreux parcs, importante communauté française dans le quartier Saint-Boniface, merveilleux musée des droits de la personne...). Une ville culturelement et sportivement agréable au climat très continental avec ses hivers froids et secs (moyenne de - 25°C) et ses étés chauds et assez pluvieux... 

Toujours vers l'Est... La vie est belle Jean Marie

14 08 2019

Pensées vagabondes au pays de maringuins


Quittant Winnipeg et le Manitoba vers l'Est on rejoint vite l'Ontario, coeur géographique du Canada, un vaste territoire bucolique de prairies, de fermes, de marécages et surtout de forêts. Province deux fois plus grande que la France (traversée par deux fuseaux horaires !), la plus active du pays tant sur le plan industriel qu'agricole (plus forte densité de population du pays avec 15 millions d'habitants sur 37 millions). 

Plus de 250.000 lacs renfermant le cinquième des réserves d'eau douce mondiale !, une nature sauvage, belle, immense, intemporelle... Pays des trappeurs et coureurs des bois ! Le rêve pour ceux en quête d'aventure !!! Peut-être moins en hiver, et encore... 

En prenant dès que possible des itinéraires parallèles aux grands axes routiers, parfois de grandes boucles sur des routes cabossées, on plonge dans un bel isolement au milieu d'une nature merveilleusement envoûtante (qui parfois peut être hostile). Ce qui incite beaucoup à la réflexion... 

Après Thunder Bay, ville aux stigmates d'un passé industriel important, et Nipigon, petite ville carrefour, poursuivant par le Nord par Hearst et Cochrane (évitant ainsi le gros trafic routier le long du Lac Supérieur), un long ruban bitumé aux accotements aménagés pour vélo, peu vallonné, peu fréquenté par l'homme, mais beaucoup par les maringuoins (moustiques), simulés (mouches noires), tiques et autres bestioles qui s'amusent à vous transpercer la peau... Ce qui pousse souvent à pédaler plus vite ? mais surtout plus longtemps, pour traverser plus vite... Et incite encore plus à la réflexion, avec souvent parfois, une simple question "Mais qu'est-ce que je fous ici ?" 

En somme un beau résumé de la vie... 

De très belles rencontres dans ces "immenses immensités"... Moments privilégiés quand on prend le temps, le luxe du temps, le seul luxe, le temps de prendre son temps... 

Était-ce vraiment nécessaire d'inventer la montre, de séparer et de quantifier le temps ? Le temps doit-il être compté ou simplement conté ? Est-ce plus agréable de conter et raconter que de compter, recompter et décompter d'autant plus qu'on n'arrive jamais à son compte, même en comptant bien, mais on raconte toujours bien en contant bien... 

Également la trace de l'homme... la pollution aux abords de routes, de chemins. Et parfois une voiture improbable d'un autre siècle... 

L'homme est-il juste un animal idiot qui se dit intelligent et qui pollue ? 

En observant la vie domestique côtoyer la vie sauvage, autres interrogations... Petite émotion personnelle en traversant la petite ville de Englehart, ancien important noeud ferroviaire (exposition de la dernière locomotive à vapeur utilisée dans la région). 

En flirtant avec la Rivière des Outaouais, frontière naturelle entre l'Ontario et le Québec, on croise un pan de vie de 300 ans d'histoire, le Fort Temiscamingue, ancien important poste de traite (rivalité franco-anglaise pour le monopole de l'important commerce de la fourrure aux XVII et XVIIIème siècles). Moment d'émotion. 

Plus loin, côté Ontario, une petite route de rêve pour arriver à la petite ville de Mattawa... Plus tard, autre moment de rêve, côté Québec... Autres moments privilégiés... Ottawa (échange sur la rivière en langue algonquine), situé en Ontario, capitale fédérale depuis 1857 sur décision de la Reine Victoria, bilingue, 900.000 habitants, incontournable avec son majestueux Parlement, son Canal Rideau, classé à l'Unesco,... et ses pistes cyclables. 

A bientôt la Belle Province 

La vie est belle Jean Marie


Vive le Québec libre......

Le Québec a une histoire qui se confond avec le Canada. 

Le fleuve Saint-Laurent (1.140 km, source dans les Grands Lacs), au débit extraordinaire qui équivaut à ceux du Rhin, de la Volga et du Nil réunis, constitue la principale voie de pénétration du territoire et offre toujours un rôle primordial dans le développement du pays. A son embouchure dans le golfe, entre la Côte Nord et la Gaspesie, sa largeur atteint 130 km !!! 

Au Nord, le Bouclier Canadien, très vieille cordillère largement arasée par les glaciers, s'étend des deux côtés de la Baie d'Hudson (80 % du territoire québécois, nombreuses forêts, immense réservoir hydrographique). 

Au Sud-Est, la Gaspesie, dernier hoquet des Monts Appalaches... Montréal, 2 millions d'habitants, un kaléidoscope de quartiers à l'atmosphère bien différente, un étonnant mariage de communautés et une douceur de vivre... Des habitants affables, des petits commerces, des cafés où on prend son temps... Autour, enlaçant les gratte ciels, un réseau d'autoroutes et de larges avenues... 

A l'Est de Montréal, l'Estrie, très belle région vallonnée parsemée de lacs (nombreuses résidences secondaires des Montréalais, kyrielle d'auberges et restaurants gastronomiques dans de belles maisons victoriennes) : l'élégant fortin du Fort Chambly (musée très pédagogique), Magog et son lac, Sainte Catherine de Hatley et sa célèbre côte, Sherbrooke avec ses impressionnantes peintures murales et sa célèbre entreprise de bagagerie vélo... 

Québec, 600.000 habitants, une vieille ville séduisante regardant de haut le Saint-Laurent, classée au Patrimoine mondial de l'Unesco, unique dans l'Amérique des gratte ciels. Un charme, un flot continuel de touristes, une ville que l'on visite aisément à pied... 

Direction la Gaspesie (en langue micmac "gespeg", là où finit la terre), une péninsule ceinturée de 3.000 km de côtes baignées par l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Population presque exclusivement francophone, très attachée à ses traditions... Des richesses topographiques et naturelles, le sourire et la gentillesse naturelle des Gaspesiens... 

La mer omniprésente, avec ses histoires et ses légendes, ses récits de naufrages, ses colonies d'oiseaux et ses mammifères marins... Les montagnes et collines, où coulent les rivières à saumons, recouvertes de forêts où se réfugient orignaux, castors, caribous et ours... Faire le tour de la Gaspesie à vélo, de Sainte Flavie à Matapedia (700 km, très vallonné parfois, paisibles villages et grosses exploitations agricoles modernes, quelques villes modestes reliées à la rive opposée par des traversiers)... une beauté, une authenticité, une identité, un enchantement... 

Si les Québécois sont francophones ils ne sont certainement pas français (fossé des siècles et de l'Océan Atlantique, différence d'état d'esprit, mentalité nord-américaine). Mais depuis 1977 le français est la seule langue officielle au Québec et les Québécois, qui n'ont cessé de se battre en faveur de leur langue, traduisent systématiquement les anglicismes... 

En fin de semaine (et non durant le week-end), on magasine (on ne fait surtout pas du shopping !). D'ailleurs on écrit de beaux courriels (et non de vulgaires e-mails) et on se repose dans une poétique chaise berçante (et non dans un rocking-chair, même s'il est confortable). 

Parfois on reste surpris par la structure : "Tu veux-tu ?", "Tu penses-tu ?", "Ça se peut-tu ?" Et les trois repas se déclinent en déjeuner, dîner et souper, et non en petit déjeuner, déjeuner et dîner... Dans une salle à manger (et non au restaurant, quoique !) on prend un breuvage, on utilise des ustensiles (et non des couverts)... Surtout on va régulièrement chez le dépanneur (la petite épicerie de proximité), au bar laitier ou à la crémerie (le marchand de glaces) et à la tabagie (le bureau de tabac)... souvent achalandé (plein de monde et non de produits), et où les produits sont offerts (proposés et non pas gratuits). Parfois c'est d'ailleurs dispendieux (c'est cher)... Mais surtout on jase ou on placote. On ne bavarde pas comme chez ces maudits français... Autour d'un foyer (et non de la cheminée), rarement auprès du calorifere (le radiateur), les pieds dans des gougounes (les chaussons) et la tête dans une tuque (un bonnet)... Au Québec il ne pleut pas et il ne fait pas froid, non, y mouille et y fait frette ! Et parfois y fait vraiment frette !!! Et lorsqu'on est réchauffé, c'est qu'on est ivre ! De plus quand on sort on ne s'habille pas, on s'égreye, et on se met sur son 36 (et non pas comme en France sur son 31, question de pointure !). 

Mais surtout, oui surtout, on tombe en amour (to fall in love). Et ça c'est l'fun ! 

La vie est belle 

Jean Marie


01 10 2019

Terres d'Acadie


En empruntant la route côtière acadienne du Nouveau Brunswick, puis en traversant l'île du Prince Edward, on plonge encore plus dans l'histoire. 

L'Acadie historique, colonie de la Nouvelle France, est fondée en 1604, puis conquise par la Grande Bretagne en 1713 (traité d'Utrecht avec perte pour la France de la Baie d'Hudson, de Terre Neuve et de l'Acadie)... avant de subir le Grand Dérangement de 1755 à 1763, point tournant de l'histoire du peuple acadien. 

Confusion et horreur... Fermes incendiées et familles séparées pour toujours... Plus de 12.000 Acadiens refusant de prêter allégeance à la Couronne d'Angleterre sont expatriés vers les Treize Colonies des États-Unis, du Massachusetts à la Géorgie, ou déportés vers l'Europe... 

Plus tard des lois discriminatoires au retour d'exil. En 1763 une soixantaine de familles marcheront les 2.900 km depuis Boston pour découvrir leurs maisons et fermes définitivement occupées par des familles anglaises... 

Rejet de l'assimilation, renaissance acadienne dans laquelle est impliqué le clergé... En 1881 le peuple acadien choisit une patronne, Notre Dame de l'Assomption, et une fête nationale, le 15 août, puis en 1884, un drapeau, le drapeau tricolore de France ajouté d'une étoile dorée dans la partie bleue... Un drapeau qui flotte devant toutes les maisons, souvent une étoile peinte sur la façade et la rue bordée de poteaux téléphoniques aux couleurs de la nation acadienne. 

Touchants symboles d'appartenance... 

Et un immense et impressionant drapeau à Saint Louis du Kent... Reconnaissance des torts causés par le Grand Dérangement en 2003. 

Aujourd'hui 500.000 Acadiens vivent dans les provinces de l'Atlantique, sur 4 millions dans le monde : plus d'un million en Louisiane, les Cadiens, autant en Nouvelle Angleterre, essentiellement dans le Maine, autant au Québec, et probablement 300.000 en France (Saint Pierre et Miquelon, Guyane, Bretagne...) 

En traversant les 13 km du Pont de la Confédération pour rejoindre l'île du Prince Edward, plus petite province canadienne, 150.000 habitants, avec Charlottetown pour capitale, on retrouve vite une atmosphère plus britannique, langue maternelle anglaise pour 90% de la population, tout comme plus loin, après un passage en traversier, dans la Péninsule de Nouvelle Ecosse, autre province canadienne (950.000 habitants, capitale : Halifax). 

A l'extrémité Est, l'île du Cap-Breton et sa célèbre Cabot Trail, route panoramique faisant le tour de l'île, longeant un littoral sauvage (côtes rocheuses, pâturages dans des vallées aux pentes douces, parcs, montagnes rocailleuses et belles forêts). Sublime, une beauté... agrémentée de quelques pentes mémorables. 

Langue anglaise dominante, mais également utilisation du français, notamment à Cheticamp, et du gaélique... Arrivé à la petite ville de Sydney, honneur à la musique locale avec le Big Fiddle, une statue de violon géant installée sur le front de mer... avant de poursuivre vers Terre Neuve. 

La vie est belle 

Jean Marie

Terre neuve

le 11 10 2019
Bonjour à tous, 
De Placentia, ancienne capitale française, de 1662 à 1713, à Saint John's (Saint Jean de Terre-Neuve), un bel itinéraire côtier par le Sud de la péninsule d'Avalon où réside la moitié de la population de Terre-Neuve. Saint John's, très attachante ville de 150.000 habitants (pour l'île, environ 550.000 habitants). Histoire et culture, une vraie scène artistique : George Street, célèbre rue pour ses bars de musiciens de jazz, de rock et de folklore, Signal Hill où Marconi capta en 1901 le premier message transatlantique, le phare de Cap Spear, le point le plus à l'Est de l'Amérique du Nord... 

Puis, pour traverser l'île, deux solutions : un seul axe routier, véritable colonne vertébrale, ou une piste cyclable, essentiellement du gravier, autrefois unique voie de chemin de fer... 
Environ 1.000 km entre Saint John's et Port-aux-Basques pour rejoindre le continent par traversier jusqu'à North-Sydney. 

Aussi, de nombreux détours et boucles pour visiter Trinity, petit village de pêche du début XXième siècle, Bonavista et son vieux phare fortement venté, Twillingate, une île que l'on rejoint par la route, Triton, autre village de pêcheurs... et bifurquer à Deer Lake en direction du Labrador (traversier Sainte Barbe - Blanc-Sablon) 

Terre-Neuve, le rocher (the Rock, surnom local de la province), ce sont notamment : 

  • - une longue histoire humaine avec ses premiers habitants Inuits et Beothuks, la première colonie viking en l'an 1000, l'arrivée des pêcheurs bretons, normands et basques au XVième siècle, puis des explorateurs européens (John CABOT en 1497), enfin divers traités franco-anglais ei changements de statuts jusqu'en 1949, lorsque Terre-Neuve devient la dizième province canadienne (puis Terre-Neuve et Labrador en 2001)

  • - une population d'ascendance irlandaise et anglaise avec une culture insulaire très distincte de celle du reste du Canada, avec notamment une musique traditionnelle à héritage clairement celtique irlandais (quelques rares îlots de langue française sur la côte Ouest) 

  • - un climat océanique, défavorable 8 mois de l'année, avec des fluctuations saisonnières importantes (pluies au printemps et en automne, été court et confortable, hiver long, glacial et venteux)... et souvent les quatre saisons dans la journée, voire dans l'heure !!! 

  • - une histoire géologique profondément marquée par la glaciation (dernièr maximum glaciaire, il y a environ 20.000 ans) 

  • - des fossiles de 600 millions d'années et des roches datant de plus de 3,9 milliards d'années ! 

  • - l'aire de pêche la plus riche du monde malgré les glaciers du Groenland (avec une pêche à la morue interdite depuis 2003 en raison de la surpêche) 

  • - des icebergs, montagnes de glace de 10.000 ans au moins, à la dérive d'avril à juin (Iceberg Valley sur la côte Est, célèbre naufrage du Titanic à 600 km de Saint John's en 1912) 

  • - une faune marine importante avec des baleines (jusqu'à 35 tonnes !) qui arrivent par milliers chaque année 

  • - 35 millions d'oiseaux marins aux noms colorés (fous de Bassan, océanites cul blanc, macareux moines...) 

  • - des espèces terrestres, avec notamment 120.000 orignaux... descendants de 4 bêtes introduites en 1904 ! - mais au Labrador, plus que 15.000 caribous aujourd'hui (auparavant, en 1993, le plus gros troupeau du monde avec 775.000 têtes !!!) 

  • - un paradis pour campeurs et randonneurs avec plusieurs parcs nationaux et provinciaux 

  • - une croissance économique fulgurante depuis quelques années, même si le taux de chômage reste élevé (nombreux travailleurs saisonniers), avec une importante exploitation pétrolière maritime, un développement croissant du tourisme, de nombreux projets miniers (or, argent, amiante, nickel... le Labrador possédant les plus importants gisements de fer au monde) 

  • - et, à 25 km des côtes terre-neuviennes et à 4.300 km de Paris à vol d'oiseau (mais à 4.800 km de Vancouver), un caillou, son surnom local, neuf fois conquis alternativement par les Anglais et les Français, un petit archipel de 242 km2, devenu définitivement français en 1816, aujoudhui d'une population de 6.500 habitants, Saint-Pierre et Miquelon... 

Et après avoir traversé ce bout du monde, longeant parfois ses merveilleuses côtes ciselées par le temps... lente remontée du fleuve Saint Laurent, de Blanc-Sablon (Labrador) à Rimouski (Québec) avant de retrouver Québec et Montréal... 

La vie est belle 
Jean Marie